Bonheur au travail ?

Avant de vouloir être heureux, cherchons à être utiles


Catégorie: Intelligence Relationnelle Date de publication: 18 novembre 2019

Le bonheur au travail semble être sur toutes les lèvres. Il ne passe pas une semaine sans que l’on sorte une statistique sur le lien entre le bonheur et la performance en entreprise, mais aussi (puisqu’il faut bien faire sensation pour être lu) sur l’écart qu’il y a entre le prétendu “Graal” du bonheur et le désengagement des salariés en France.

Les startups (surtout américaines) sont souvent érigées en exemple avec leurs chief happiness officers (comprenez responsables du bonheur au travail ou managers du bonheur), leurs baby-foots, les poufs tendance, les boissons à volonté, les espaces de repos, les cours de yoga et les arrangements de “smart working“.

Ceci est en soi parfaitement louable. Qui voudrait qu’un salarié soit malheureux ? Qui renoncerait à une mesure qui de surcroît, pourrait améliorer la performance d’une personne ou d’une équipe ? Qui dirait non à un espace de travail agréable, à des boissons à volonté ou même à la possibilité de travailler de chez soi de temps en temps ? Personne !

L’erreur du bonheur comme objectif

Cependant, la tendance actuelle pose un problème car le bonheur devient un objectif et parfois même un dogme.
La non-atteinte du bonheur (au moins en apparence) est parfois considérée comme un échec. Celui qui ne l’est pas (je ne suis pas heureux dans mon job) ou n’y est pas parvenu (je n’ai pas trouvé le job qui me fait rêver) est soupçonnable de manquer de force de caractère, de discipline, de connaissance de soi ou tout simplement d’être proche du burnout.

Comme dans la vie personnelle, la pression à l’atteinte du bonheur crée souvent une peur de ne pas être heureux (rappelons que le bonheur n’est par définition qu’un état passager), une fuite en avant du toujours mieux (le bonheur n’est-il pas lié au fait de savoir aussi apprécier les choses pour ce qu’elles sont ?), etc.

Dans ma vie personnelle et professionnelle, j’ai rencontré bien peu de personnes qui me semblaient épanouies parmi celles qui s’étaient fixé comme objectif de l’être. Les plus épanouis m’ont souvent semblé être ceux qui en ont “bavé” comme on dit. Celui qui a connu la solitude, l’ennui, l’échec, l’injustice, le handicap, etc. et qui a su transformer cette épreuve en leçon de vie, et donc en force.

J’observe par ailleurs dans les entreprises que je côtoie, que cette quête du bonheur installe pour le management dans certaines entreprises :

  • parfois une crainte d’exiger trop (“attention à ne pas trop leur en demander on pourrait se retrouver avec des burnouts et des plaintes pour harcèlement”) – ceci est prégnant dans les entreprises de service public.
  • parfois une façon de se dédouaner de l’obligation d’adresser des problèmes plus profonds (comportements managériaux néfastes, objectifs hors d’atteinte, absurdité de la tâche, manque de clarté stratégique, absence de communication, etc.) – ceci est prégnant dans les entreprises où la rémunération de l’actionnaire prévaut sur toute autre considération.

On oppose parfois même l’utile et le plaisir. Le bonheur se construirait dans tout ce qui est annexe, la conciergerie, la crèche, le comité d’entreprise. Comme si seul l’agrément pouvait rendre heureux ! Attention à ne pas confondre confort, plaisir et bonheur.

Cherchons plutôt à être utiles

Je vous propose de changer de logique.
Si nous voulons un objectif, adoptons – à la fois au niveau de l’entreprise, mais aussi dans nos propres choix individuels – celui de vouloir être utile.

La plus grande des tristesses ne serait-elle pas de se retrouver sur son lit de mort en se disant “je n’ai servi à rien” ?

J’ai souvent entendu le conseil amical / parental “fais ce qui te rendra heureux”. Malgré la bienveillance indéniable de ce conseil, je trouverais plus pertinent de dire “fais quelque chose où tu te sentiras utile“.

Peu importe l’utilité perçue. Un Homme d’Etat se sentira utile car il sert sa nation. Un professeur parce qu’il forme les adultes de demain. Un médecin parce qu’il soulage, ou redonne la vie. Un mécanicien parce qu’il permet à quelqu’un de rouler avec sérénité. Un paysagiste parce qu’il contribue à la beauté du monde et à la préservation de la nature. Un développeur informatique parce qu’il permet à l’internaute d’accéder facilement à l’information qu’il souhaite. Un banquier parce qu’il permet au client d’investir dans le futur qu’il souhaite pour lui-même et ses proches.

Toutes ces professions ont leur dose de tâches ingrates, de désagréments, de chagrins, d’incertitudes, de chaos, d’ennui, de conflits, de bouleversements. Mais c’est la cause que nous servons, ce pour quoi nous nous levons tous les matins, qui nous permet de surmonter sans trop d’efforts et de souffrance les aspects moins plaisants du quotidien. Cette mission que l’on s’est donnée, qui nous permet de voir au-delà du relief immédiat, qui permet de tracer une ligne qui va au-delà des trous et des bosses.

La parabole de 3 tailleurs de pierre illustre bien cela. Imaginez trois tailleurs de pierre à qui l’on demande ce qu’ils font :

  • Le premier répond : je taille des pierres pour faire des blocs
  • Le second répond : je taille des pierres pour construire une arche
  • Le troisième répond : je taille des pierres pour construire une cathédrale !

Le moyen est le même mais l’objectif ne l’est pas. C’est le but qui donne du sens, le sentiment de ne pas faire tout ça pour rien, surtout quand c’est éprouvant.
Le bonheur est aussi dans l’épreuve. Sisyphe le savait.
Le sens, d’ailleurs, n’est pas intrinsèque à la tâche. Vous pouvez être plombier d’une école ou plombier d’une prison. Les deux installent et réparent de la tuyauterie, mais ils sont au service d’une cause bien différente.

Comment faire ?

La difficulté avec l’économie du numérique est que le produit et notre travail est souvent difficile à mesurer.

L’artisan sait ce qu’il a fait. Il le voit. Il le touche. Il le sent. On peut s’en servir tout de suite. Pour le consultant, c’est plus difficile. A quoi va servir cette réunion ? Qui lira ce rapport ? Qu’en feront-ils ? Prendra-t-il la poussière sur une étagère ? Fait-on appel à moi pour réellement améliorer la performance de l’entreprise, ou suis-je juste là pour servir de fusible si tout va mal ?

Trouver du sens c’est avant tout un acte éminemment individuel, une décision personnelle. Qu’est-ce que je souhaite faire de ma vie ? Quel métier a du sens à mes yeux ? Quelle entreprise a une mission qui me parle ? Quel poste dans mon entreprise me donnera le sentiment d’être utile. Et en vous posant cette question, oubliez ce que vous pensez que les autres aimeraient que vous fassiez…

Mais ceci s’applique aussi à chacun dans son statut au sein même de l’entreprise…
La direction :

  • Quelle est la mission de l’entreprise ?
  • Quelle vision avons-nous pour le futur ?
  • A quoi servons-nous collectivement ?

Le management :

  • En quoi ces missions servent-elles la mission de l’entreprise ?
  • En quoi fais-je grandir mes équipes ?
  • Leurs missions sont-elles valorisantes ?
  • Est-ce que je leur donne assez d’autonomie ?

Le collaborateur :

  • Dans quel métier / entreprise me suis-je investi ? Pourquoi ?
  • Quel sens j’apporte à la mission qui est la mienne ?
  • Est-ce que je m’investis dans des choses qui ont du sens pour moi au-delà du strict périmètre de ma mission ?

C’est dans ce sens que j’ai choisi le dessin pour illustrer cet article. Kennedy a dit :

“Ask not what your country can do for you but what you can do for your country.”

Comprenez “demandez-vous non pas ce que votre pays peut faire pour vous mais plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays”.
C’est cette notion de se mettre au service d’une cause que j’ai trouvée utile. Celle d’être acteur de ses choix et de ses engagements, et pour cela de parfois accepter de changer de rôle, de job, d’entreprise, de secteur d’activité.

Je vous propose de rester sur une citation d’Emerson qui a dit :

« Le but de la vie n’est pas d’être heureux. C’est d’être utile, d’être honorable, d’être compatissant, de faire en sorte que cela fasse une différence que vous ayez vécu et vécu bien. »

Cet article a été écrit par quelqu’un qui aime son travail parce qu’il s’y sent utile (interactifs.com).

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